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Edition gratuite de VERS DEMAIN

publique est faite d’argent qui n’existe pas, qui n’a

jamais été mis aumonde, mais que le gouvernement

s’est tout de même engagé à rembourser. C’est un

contrat impossible, que les financiers représentent

comme un contrat sain à respecter, même si les

humains dussent en crever.

En mettant sur un graphique la dette cumulative

des cinq habitants de l’île, où la ligne horizontale

est graduée en années, et la ligne verticale graduée

en dollars, et en joignant tous les points obtenus

pour chaque année par une ligne, nous obtenons

une courbe qui permet de mieux voir l’effet de

l’intérêt composé et la croissance de la dette:

La pente de la courbe augmente peu durant les

premières années, mais s’accentue rapidement après

30 ou 40 ans. Les dettes de tous les pays du monde

suivent le même principe et augmentent de la même

manière. Étudions par exemple la dette du Canada:

Lors de la formation du Canada en 1867 (l’union

de quatre provinces: Ontario, Québec, Nouveau-

Brunswick et Nouvelle-Ecosse), la dette du pays était

de 93 millions $. La première grande augmentation

est survenue durant la Première Guerre mondiale

(1914-1918), où la dette publique du Canada est passée

de 483 millions $ en 1913 à 3 milliards $ en 1920. La

seconde grande hausse est intervenue durant la

Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), où la dette est

passée de 4 milliards $ en 1942 à 13 milliards $ en 1947.

Ces deux hausses peuvent s’expliquer par le fait que

le gouvernement dut emprunter de grandes sommes

d’argent pour sa participation à ces deux guerres.

Mais comment expliquer la hausse phénoménale

des années plus récentes, alors que la dette passait

de 24 milliards $ en 1975 à 224 milliards $ en 1986,

puis à 575 milliards $ en 1996, alors que le Canada

était en temps de paix et n’a pas eu à emprunter pour

la guerre? C’est l’effet de l’intérêt composé, comme

dans l’exemple de l’Île des Naufragés.

Si les dettes des gouvernements représentent

des sommes énormes, elles ne représentent que la

pointe de l’iceberg: en plus des dettes publiques,

il existe aussi les dettes privées (individus et

compagnies) ! Ainsi, aux Etats-Unis, en 1992, la

dette publique était de 4000 milliards $, et la dette

totale de 16 000 milliards, avec une masse monétaire

de seulement 950 millions $. En 2014, la dette du

gouvernement fédéral américain atteint les 17 000

milliards, et la dette totale (Etats, compagnies et

individus) dépasse les 100 000 milliards!

Dans son rapport de novembre 1993, le vérificateur

général du Canada disait que sur la dette nette de 423

milliards $ accumulée par le gouvernement canadien

de 1867 à 1992, seulement 37 milliards $ avaient été

dépensés pour des biens et services, alors que le

reste (386 milliards $, ou 91% de la dette) consistait

en frais d’intérêt, ce qu’il a coûté au gouvernement

pour emprunter ce 37 milliards$ (c’est comme si le

gouvernement avait emprunté ce 37 milliards $ à un

taux de 1043% !). Le capital original emprunté repré­

sente moins de 10% de la dette.

En d’autres mots, la

dette du Canada a déjà été payée dix fois. Ne pensez-

vous pas que c’est suffisant ? La vraie justice, c’est

de rembourser le capital qu’une seule fois, et non

pas cinq ou dix fois à cause des intérêts !

Heureusement, de plus en plus de gens voient

clair dans cette fraude des banquiers. Par exemple,

M. Gilbert Vik, de l’État de Washington, aux États-

Unis, a écrit, il a quelques années, la lettre suivante:

Supplément gratuit de VERS DEMAIN

Canada

Dette publique

(en milliards de dollars)

1867: 93 millions $

1913: 483 millions $

1920: 3 milliards $

1942: 4 milliards $

1947: 13 milliards $

1975: 24 milliards $

1986: 224 milliards $

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