Table of Contents Table of Contents
Previous Page  22 / 32 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 22 / 32 Next Page
Page Background

22

Edition gratuite de VERS DEMAIN

www.versdemain.org

Ce dossier révélateur contre le vol du système

bancaire est tiré des «Cahiers du Crédit Social» de

février 1939. Tout comme la première partie, les

informations sont tirées du livre de Gertrude Coogan,

«Money Creators», publié aux États-Unis en 1935:

Dans l’article précédent, nous donnions une

esquisse de l’emprise de la finance internationale

sur la civilisation de deux continents au cours

des deux cent cinquante dernières années. Nous

notions en passant l’action remarquable de Lincoln

pour affranchir l’Amérique d’un joug dont il com-

prenait toute la hideur (

horreur

). À nulle époque

peut-être, dans le passé, les financiers internatio-

naux ne trouvèrent-ils leur monopole aussi directe-

ment menacé, et quelques documents contempo-

rains nous renseignent sur leurs activités en même

temps que sur l’esprit qui les a toujours animés.

Création de la monnaie

par Abraham Lincoln

On sait que Lincoln fit trois émissions de mon-

naie, sans passer par les banques et sans signer

de débentures (obligations), pour un montant

total de 450 millions. Ce furent les greenbacks,

dont, après quinze années de litige, il en resta

définitivement 346 millions en circulation. C’était

la première fois que le gouvernement américain

exécutait le mandat qui lui est confié par la consti-

tution: la création de la monnaie et la réglemen-

tation de sa valeur. C’était secouer le joug imposé

par les financiers internationaux dès le berceau de

la grande république. C’était aussi poser un acte

qui pourrait trouver des imitateurs et signifier

la fin du contrôle par les profiteurs privés. Aussi

les intéressés eurent-ils soin d’intervenir rapide-

ment. Les financiers internationaux pressèrent

les banquiers de la nation américaine de «soute-

nir les journaux quotidiens et hebdomadaires qui

dénonceraient l’émission de greenbacks, et de

retirer leur patronage et leurs faveurs à tous ceux

qui ne s’opposeraient pas à l’émission de monnaie

par le gouvernement.»

Les États-Unis étaient en proie à la guerre civile,

la guerre de sécession. Les souffrances du peuple

ne touchaient aucunement les financiers internatio-

naux qui avaient eux-mêmes décidé, plus de trois

ans auparavant, qu’il fallait provoquer une guerre

Qui sont les vrais Maîtres du Monde ?

par

Louis Even

(Deuxième partie)

pour affaiblir les États-Unis, afin d’y mieux affer-

mir leur monopole. Ce qui les outrait, c’est qu’en

plein cœur de cette guerre, le chef du pays qu’ils

voulaient passer sous leur botte osa défier leur

puissance. Aux efforts courageux et honnêtes de

Lincoln, il fallait opposer une campagne d’influence

sur les dirigeants des cercles financiers américains

et sur l’entourage du Président.

La circulaire infâme de 1862, signée par Haz-

zard, du groupe international de Londres, favori-

sait l’abolition de l’esclavage de la personne, mais

seulement pour le remplacer par un esclavage de

forme plus subtile. Remarquons en passant qu’il

convenait qu’une circulaire approuvant l’abolition

de l’esclavage sortit du groupe de Londres, puis-

que les financiers internationaux avaient décidé

que le groupe de Londres soutiendrait financière-

ment le nord, tandis que le groupe de Paris soutien-

drait financièrement le sud, faisant durer la guerre

assez longtemps pour affaiblir la nation américaine

et lui passer les menottes.

La circulaire de Hazzard fut donc adressée à

tous les banquiers d’Amérique, ainsi qu’à chaque

sénateur et à chaque membre du congrès: «L’es-

clavage de la personne sera probablement aboli

par la force de la guerre. Mes amis d’Europe et

moi-même favorisons ce résultat, car l’esclavage

n’est que la possession du travailleur et com-

porte pour le maître l’obligation de nourrir et faire

vivre ses esclaves pour profiter de leur travail;

tandis que, dans le plan européen, conduit par

l’Angleterre, c’est le capital (le prêteur d’argent)

qui contrôle le travail en contrôlant les salaires.»

(C’est le plus ou moins d’argent en circulation qui

détermine en définitive le niveau des salaires.)

«Ce résultat s’obtient par le contrôle de l’ar-

gent. Les prêteurs d’argent verront à ce que la

guerre entraîne une grosse dette qui permettra

de contrôler le volume de la monnaie. Pour cela,

il faut que les débentures (obligations) servent

de base à la banque. Nous attendons maintenant

que le secrétaire du Trésor fasse cette recomman-

dation au Congrès.

«Ce n’est pas bon de laisser circuler tant soit

longtemps la monnaie nationale (les greenbacks),

car nous ne pouvons contrôler cette monnaie-là.

Mais nous pouvons contrôler les débentures (obli-

gations).»

Dix ans plus tard, l’Amérique avait subi la

transformation de l’esclavage personnel en dicta-