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Edition gratuite de VERS DEMAIN

pour s’emparer des richesses du monde. Je crains

que les banquiers étrangers, avec leur astuce et

leurs trucs tortueux, viennent à contrôler complè-

tement les richesses de l’Amérique et s’en servent

pour corrompre systématiquement la civilisation

moderne. Ils n’hésiteront pas à plonger la Chré-

tienté toute entière dans les guerres et le chaos

pour que la terre devienne leur héritage.»

Introduisons une autre figure qui, elle, n’est pas

tombée sous une balle d’assassin. II s’agit d’un de

ces bassets que la finance londonienne délègue

à notre continent sous couvert d’expertise finan-

cière, toutes les fois qu’il y a quelque chaîne impor-

tante à forger.

L’or et l’argent furent longtemps deux métaux

employés simultanément pour les pièces moné-

taires. En 1818, l’Angleterre démonétisa l’argent.

Puis comme elle possédait le contrôle de l’or, mais

que d’autres pays possédaient des exploitations

d’argent, ses financiers mirent tout en œuvre pour

démonétiser l’argent partout et établir le règne

exclusif de l’or. C’est en 1873 qu’ils s’attaquèrent

à la monnaie d’Amérique. On nous chante souvent

que l’or est, de tradition, la seule véritable monnaie.

De 1789 à 1873, les deux métaux eurent le même

prestige aux États-Unis, et l’établissement de l’éta-

lon-or américain ne date après tout que de 1900.

Pour une tradition !

Ernest Seyd, agent de la haute finance

Mais venons à Ernest Seyd. Ce fut lui l’agent

de la finance internationale pour faire passer aux

Doué d’un robuste bon sens et guidé par une

droiture parfaite, Lincoln jugea que, si les banques

privées fabriquent l’argent et le font accepter du

public tout en ne le passant qu’à l’état de dette, le

gouvernement souverain peut aussi bien le fabri-

quer lui-même et lui conférer au moins une aussi

grande autorité. II demanda donc à son secrétaire

du Trésor, Chase, de faire successivement trois

émissions de monnaie au total de 450 millions de

dollars, en 1862-1863.

Ce sont les greenbacks. Remarquons seule-

ment aujourd’hui qu’après une lutte légale entre

les puissances financières et le gouvernement, 346

millions sont restés en circulation jusqu’à ce jour et

sont aussi bonne monnaie que celle des banques.

Mieux que cela, à la différence de la monnaie-dette

des banquiers, les greenbacks n’ont pas chargé

d’un seul dollar la dette publique des États-Unis. Si

cette émission était venue par la voie ordinaire des

banques, elle signifierait un accroissement de dix

milliards à la dette publique américaine, de 1863 à

1938 (intérêt composé). Et si tout l’argent américain

était ainsi fabriqué par le gouvernement, les États-

Unis n’auraient pas de dette publique. On peut en

dire autant du Canada. L’existence de la dette publi-

que prouve que le système est faux, que la mon-

naie est viciée dès son origine.

Les banquiers internationaux comprenaient

parfaitement la portée de l’acte posé par Lincoln

et les réflexions qui précèdent sont corroborées

par extrait du London Times (journal de la finance)

de mars 1863: «Si la politique financière inaugu-

rée par le gouvernement de Washington se perpé-

tue, ce gouvernement fournira sa propre monnaie

sans frais, il éteindra sa dette publique et n’aura

plus jamais de dette publique. II aura toute la

monnaie nécessaire à son commerce. II acquerra

une prospérité sans précédent dans l’histoire des

peuples civilisés. Les cerveaux et les fortunes du

monde iront en Amérique. II faut détruire ce gou-

vernement ou il détruira notre monarchie.»

Et le conseil fut suivi. Un complot ourdi par des

créatures de la finance internationale, fit tomber le

grand émancipateur sous la balle d’un voyou. Rete-

nons tout de même cet aveu des oppresseurs de

l’humanité, que la prospérité d’un pays découlera

certainement d’une politique en vertu de laquelle

le gouvernement de ce pays émettrait sans dette

toute la monnaie nécessaire à la vie commerciale.

«La mort de Lincoln fut un désastre pour la

chrétienté, écrit Bismarck (bien placé pour savoir

ce qui se passait). II ne se trouvait pas aux États-

Unis d’homme assez grand pour chausser ses

bottes. Les prêteurs d’argent ont repris l’offensive

Abraham Lincoln

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