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Edition gratuite de VERS DEMAIN

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L’Amérique livrée aux financiers

1789: La constitution américaine vient d’être

adoptée et le 1er Président Georges Washington,

forme son premier cabinet. II veut confier le Trésor

à Morris. À sa grande surprise, Morris refuse et

recommande Hamilton. Et Washington commet la

grande erreur de son administration qui compro-

mettra toute son œuvre. Hamilton devint le premier

secrétaire du Trésor Américain (Ministre des finan-

ces).

Franklin meurt en 1790. Hamilton se sent plus

libre d’exécuter ses plans, de réaliser l’oeuvre

rêvée. Mais il faut manœuvrer; la constitution amé-

ricaine est claire sur l’autorité exclusive du Congrès

pour la frappe et l’émission de la monnaie. Si Fran-

klin a disparu, Jefferson est toujours là et veille cer-

tainement sur une œuvre à laquelle il a pris une si

grande part.

La dette des États, surtout contractée pour

fins de guerre, s’élève alors à 75 millions de dol-

lars, partie de l’étranger, partie à des particuliers

du pays qui l’ont reçue des Rothschild de Franc-

fort, comme il est expliqué plus haut. La nou-

velle nation a besoin de moyens d’échange pour

permettre la marche des affaires. Elle est souve-

raine. La chose la plus sage n’est-elle pas de frap-

per la monnaie nécessaire, métal ou papier, et de

la mettre en circulation en rachetant sa dette?

Hamilton a une autre philosophie. II propose que

la dette soit convertie en obligations portant inté-

rêt. Au lieu de créer de la monnaie libre pour la cir-

culation, qui eut signifié 19$ par tête en moyenne,

il préfère créer un noyau de dette nationale de 19$

par tête.

Hamilton qui, de par ses fonctions, devrait tenir

secret son rapport et ses projets jusqu’au jour où il

les présentera au Congrès, a soin d’entrevoir un par

un les principaux congressmen, les plus influents

à part des incorruptibles connus, et de les inviter

à profiter de la transaction. «Comme les financiers

internationaux ont fait tomber les certificats de

dette à 15 pour cent de leur valeur nominale, les

congressmen avertis en secret, sachant que les

certificats seront transformés en débentures por-

tant intérêt et garanties par la richesse de toute la

nation, se hâtent de les cueillir en nombre à des

escomptes énormes. La corruption produit son

fruit: les têtes marquantes du Congrès ne peuvent

que ratifier la consolidation de la dette publique

proposée par Hamilton; des politiciens s’engrais-

saient déjà en sacrifiant leurs électeurs.

Jefferson résiste et dénonce «la prostitution

des lois qui constituent les piliers de tout notre

système». La classe agricole s’aligne avec Jeffer-

son. Mais les communications sont lentes à cette

époque et la philosophie-dette d’Hamilton est

imposée à la jeune nation.

Reste à sceller l’œuvre par l’établissement

d’une banque centrale privée, pour créer et prêter

la monnaie, selon les principes de la Banque d’An-

gleterre. Hamilton s’y attelle en 1791. II ne rencon-

tre guère d’opposition au Sénat, où logeaient alors,

comme dans notre sénat canadien d’aujourd’hui,

les représentants des puissances d’argent. Mais il

doit faire face aux Jefferson, Madison, Adams, etc.

Cependant il a acquis l’art de tromper et d’engluer.

II pare son argumentation d’un habit vertueux: «La

constitution nationale a sagement défendu aux

états individuels d’émettre du papier-monnaie;

l’esprit de cette prohibition ne devrait pas être

dédaigné par le gouvernement central lui-même, et

le gouvernement des États-Unis se montrera sage

en renonçant à l’usage d’un expédiant aussi sédui-

sant et aussi dangereux.»

Hamilton préfère voir cet expédient entre les

mains de quelques particuliers possédant tous les

privilèges sans la responsabilité d’aucun mandat.

La Constitution est très précise, mais Hamilton, à

force de ruse et d’habileté invente et fait prévaloir

l’idée que la constitution implique d’autres pou-

voirs non exprimés.

Lorsque la Chambre a voté la banque centrale

privée, Georges Washington prie Madison de pré-

parer un véto, mais il cède devant l’éloquence per-

suasive du cauteleux Hamilton. «L’expert financier»

est vainqueur. La Chambre de Commerce de New-

York, digne aïeule des Chambres de Commerce

dont nous connaissons la complaisance envers les

puissances d’argent, donne une réception spéciale

à Hamilton pour célébrer la victoire remportée sur

la nation.

Abraham Lincoln, homme loyal

La finance internationale avait pris possession

de l’Amérique comme de l’Europe. Elle veillait

continuellement pour maintenir et consolider ses

positions. Un homme se leva un jour qui osa lui

infliger un remarquable soufflet, ce fut le plus

grand des présidents américains: Abraham Lin-

coln. Il le paya de sa vie ...

Fils de colon, n’ayant jamais eu l’avantage de

fréquenter l’école, mais après avoir appris à lire sur

les genoux de sa mère et avoir étudié la loi le soir

après ses rudes journées de labeur au bois ou aux

champs, Lincoln arriva à la Présidence des États-

Unis à une époque critique, celle de la Sécession

entre le nord et le sud sur la question de l’escla-

vage.

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