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Edition gratuite de VERS DEMAIN

mobilières espagnoles, déclenchant une crise mon-

diale, ruinant des milliers de porteurs, tandis que les

Rothschild s’enrichissaient sur les débris. Et l’autre

frère de Vienne, Salomon, osait écrire à un confi-

dent: “Dites au Prince Metternich que la Maison des

Rothschild a agi ainsi par vengeance.”

Escroquerie sur le dos des Français

Malgré la plus grande réserve et discrétion

don

t s’entourent aujourd’hui les banquiers inter-

nationaux pour voiler leurs ripailles, la technique

continue. L’Autriche fut démembrée à la suite de la

Grande Guerre et le Rothschild de Vienne se trou-

vait en piteuse posture financière. Mais ce ne fut

pas long. Lorsque Poincaré, 8 ans plus tard, pré-

para, de concert avec la Banque de France, une loi

pour la stabilisation du franc, le Rothschild de Paris,

directeur de la Banque de France (banque privée),

sut avertir son cousin de Vienne. Ce dernier se hâta

d’acheter des francs à la baisse, pour les revendre

à la hausse après l’adoption de la loi par le parle-

ment français; en moins d’une semaine, il avait refait

toute sa fortune... sur le dos des Français!

La finance internationale n’a pas de patrie. Elle

couvre tout, est de partout, étend ses tentacules

dans tous les pays, sème des ruines sans nombre

et ne répond de rien. «Là où est l’argent, là est sa

patrie» disait justement le Pape Pie XI.

Les colons américains se révoltèrent contre

l’Angleterre à cause de cette rapacité des finan-

ciers de Londres qui, enlevant aux colonies le

droit de fabriquer leur propre monnaie, les rendait

complètement dépendantes des exploiteurs de la

métropole. Aussi les Américains eurent-ils soin de

déclarer expressément dans leur Constitution que

«seul le Congrès aurait le droit de créer la monnaie

et d’en régler la valeur.» Ils gagnèrent la guerre,

leur constitution demeure, mais ce n’est pas le

Congrès qui fabrique ou fait fabriquer la monnaie,

ni qui en règle le montant, donc la valeur.

Comment cela se fait-il ? C’est que, si le gou-

vernement anglais perdit la partie, les financiers

internationaux gagnèrent la leur et continuèrent

d’exploiter l’Amérique comme une colonie de la

finance internationale. Ce n’était d’ailleurs pas une

proie à lâcher, puisque l’Amérique donnait déjà

les signes d’un continent appelé à une très grande

richesse.

Alexandre Hamilton

Dans toutes leurs opérations d’envergure pour

prendre un pays dans leurs mailles, les maîtres de

la finance opèrent par des intermédiaires générale-

ment insoupçonnés, auxquels ils ont même soin de

voir que, par les organes du pays, on fasse une répu-

tation de citoyens éminents et distingués. (Nous

en avons au Canada, de ces léopards honorés; on

les décore du titre de «Sir» et les journaux por-

tent religieusement leurs moindres remarques aux

quatre coins du dominion.) L’homme de l’heure, au

berceau de la grande république américaine, fut

Alexandre Hamilton.

Alexandre fut pré-

coce et brillant en

tout ce qui regardait

le chiffre, la finance,

la monnaie. Dès l’âge

de treize ans, il était

au service du plus

riche marchand des

Caraïbes. À dix-sept

ans, il vint à New-York,

où il devait demeurer

jusqu’à sa mort, surve-

nue dans un duel avec

son rival commercial

et politique, Aaron Burr,

en 1804.

Hamilton prit part à la guerre d’indépendance et

fut quelques temps secrétaire du général en chef,

Georges Washington. Il profitait de ses loisirs pour

étudier avidement la monnaie, la frappe des mon-

naies, la question de l’or, de l’argent, du change

international. Dans sa mentalité de soumission de

l’humanité à un petit groupe, il admira toujours le

système d’une banque centrale appartenant à des

particuliers et munie de privilèges souverains,

comme la Banque d’Angleterre.

Pendant la guerre d’indépendance, les colo-

nies révoltées émirent une monnaie. Les finan-

ciers européens, les créateurs et prêteurs de mon-

naie-dette qui gouvernaient ne pouvaient tolérer

pareille audace. Ils firent tomber la valeur de la

monnaie américaine. Cette puissance entre les

mains de particuliers frappa Hamilton et le stimula

dans ses études et ses recherches; il voulait savoir

comment des individus pouvaient exercer un tel

pouvoir non pour les combattre, mais pour les

imiter. II s’ancra davantage dans l’idée du contrôle

de la monnaie d’une nation par une banque privée

qui coopérait avec les puissances d’argent, sur-

tout en apprenant combien il était facile d’imposer

pareil système à un public ignorant.

En pleine guerre, Hamilton mûrissait déjà des

plans pour transporter pareille iniquité en Amérique.

Le 30 avril 1781, ce jeune de vingt ans, qui avait pris

de l’ascendant sur Robert Morris, I’administrateur

du Trésor pour Washington, osait écrire au Tréso-

rier: “Une dette nationale, pourvu qu’elle ne soit pas

excessive, sera une bénédiction nationale, un puis-

sant ciment d’union, un stimulant pour

l’industrie.”

Alexandre Hamilton

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