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Edition gratuite de VERS DEMAIN

pleins, on a beau avoir tout ce qu’il faut pour une

production plus abondante encore, la distribution

des produits est rationnée.

Pour obtenir les produits, en effet, il faut les

payer. Devant des produits abondants, il faudrait

une abondance d’argent dans les porte-monnaie.

Mais ce n’est pas le cas. Le système met toujours

plus de prix sur les produits que d’argent dans les

porte-monnaie du public qui a besoin de ces pro-

duits.

La capacité de payer n’est pas équivalente à

la capacité de produire. La finance n’est pas en

accord avec la réalité. La réalité, ce sont des pro-

duits abondants et faciles à faire. La finance, c’est

de l’argent rationné et difficile à obtenir.

Le système d’argent actuel est donc vraiment

un système punitif, au lieu d’être un système de

service. Cela ne veut pas dire qu’il faut le suppri-

mer, mais le corriger. C’est ce que ferait magni-

fiquement l’application des principes financiers

connus sous le nom de Crédit Social.

L’argent conforme au réel

L’argent de Martin, dans l’Île des

Naufragés, n’aurait eu aucune valeur

s’il n’y avait eu aucun produit dans

l’île. Même si son baril avait été

réellement plein d’or, qu’est-ce que

cet or aurait pu acheter dans une île

sans produit? Or, ou papier-mon-

naie, ou n’importe quels montants

de chiffres dans le livre de Martin

n’auraient pu nourrir personne, s’il

n’y avait pas eu des produits alimentaires.

Ainsi pour les vêtements. Ainsi que pour tout le

reste.

Mais il y avait des produits dans l’île. Ces pro-

duits provenaient des ressources naturelles de

l’île et du travail de la petite communauté. Cette

richesse réelle, qui seule donnait de la valeur à l’ar-

gent, était la propriété des habitants de l’île et non

la propriété exclusive du banquier Martin.

Martin les endettait pour ce qui leur apparte-

nait. Ils l’ont compris quand ils ont connu le Crédit

Social. Ils ont compris que tout argent, tout crédit

financier, est basé sur le crédit de la société elle-

même, et non sur l’opération du banquier. L’ar-

gent devait donc être leur propriété au moment

où il commençait; il devait leur être remis, divisé

entre eux, quitte à passer ensuite des uns aux

autres selon le va-et-vient de la production des

uns et des autres.

La question de l’argent devenait dès lors pour

eux ce qu’elle est essentiellement: une question de

comptabilité.

La première chose qu’on exige d’une compta-

bilité, c’est d’être exacte, conforme aux choses

qu’elle exprime. L’argent doit être conforme à la

production ou à la destruction de richesse. Suivre

le mouvement de la richesse: production abon-

dante, argent abondant; production facile, argent

facile; production automatique, argent automati-

que; gratuités dans la production, gratuités dans

l’argent.

L’argent pour la production

L’argent doit être au service des producteurs,

à mesure qu’ils en ont besoin pour mobiliser les

moyens de production. C’est possible, puisque cela

s’est fait, du jour au lendemain, dès que la guerre

fut déclarée en 1939. L’argent qui manquait par-

tout depuis dix années est venu soudainnement;

et pendant les six années de guerre, il n’y a plus

eu aucun problème d’argent pour financer toute la

production possible et requise.

L’argent peut donc être, et doit

être, au service de la production publi-

que et de la production privée, avec

la même fidélité qu’il fut au service

de la production de guerre. Tout ce

qui est physiquement possible pour

répondre aux besoins légitimes de

la population doit être rendu finan-

cièrement possible.

Ce serait la fin des cauchemars des

corps publics. Et ce serait la fin du chô-

mage et de ses privations, tant qu’il reste des

choses à faire pour répondre aux besoins, publics

ou privés, de la population.

Tous capitalistes

Dividendes à chacun

Le Crédit Social préconise la distribution d’un

dividende périodique à tous. Disons une somme

d’argent versée chaque mois à chaque personne,

indépendamment de son emploi — tout comme le

dividende versé au capitaliste, même quand il ne

travaille pas personnellement.

On reconnaît que le capitaliste à dollars, celui

qui place de l’argent dans une entreprise, a droit a

un revenu sur son capital, revenu qui s’appelle divi-

dende. Ce sont d’autres individus qui mettent son

capital en oeuvre, et ces autres-là sont récompen-

sés pour cela, en salaires. Mais le capitaliste tire un

revenu de la seule présence de son capital dans

l’entreprise. S’il y travaille personnellement, il tire

alors deux revenus: un salaire pour son travail et

un dividende pour son capital.

Le

système

d’argent actuel

doit être corrigé.

C’est ce que ferait

l’application des

principes du

Crédit Social.

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