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«Les écueils de la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance»

Par Alain Pilote le dimanche, 01 janvier 2012. Dans Éditorial

Pape Benoît et président du Bénin  Thomas Boni Yayi

Le Pape Benoît XVI avec le président du Bénin, Thomas Boni Yayi, à l’aéroport de Cotonou.

Une phrase du Pape Benoît XVI, prononcée au tout début de son voyage apostolique au Bénin, sur le continent africain, alors qu’il était reçu à l’aéroport international de Cotonou par le président ainsi que les autorités civiles et religieuses, le 18 novembre 2011, résume très bien le thème du présent numéro de Vers Demain:

«La modernité ne doit pas faire peur, mais elle ne peut se construire sur l’oubli du passé. Elle doit être accompagnée avec prudence pour le bien de tous en évitant les écueils qui existent sur le continent africain et ailleurs, par exemple la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance.»

Comme l’a fait remarquer le Saint-Père, ce n’est pas seulement le Bénin ou l’Afrique, mais bien tous les pays du monde, qui se sont soumis inconditionnellement aux lois du marché et de la finance, ce qui a entraîné des conséquences désastreuses pour les populations humaines de ces pays. Le Souverain Pontife reprenait le même thème dans son discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 9 janvier 2012:

«Vraiment, le monde est sombre, là où il n’est pas éclairé par la lumière divine ! Vraiment le monde est obscur, là où l’homme ne reconnaît plus son lien avec le Créateur et, ainsi, met également en danger ses relations avec les autres créatures et avec la création elle-même. Le moment actuel est malheureusement marqué par un profond malaise et les diverses crises: économiques, politiques et sociales, en sont une expression dramatique.

«À ce sujet, je ne peux pas ne pas mentionner, avant tout, les développements graves et préoccupants de la crise économique et financière mondiale. Celle-ci n’a pas frappé seulement les familles et les entreprises des pays économiquement plus avancés, où elle a trouvé son origine, créant une situation dans laquelle beaucoup, surtout parmi les jeunes, se sont sentis désorientés et frustrés dans leurs aspirations d’un avenir serein, mais elle a aussi profondément marqué la vie des pays en voie de développement.»

L’humanité n’a jamais produit autant, grâce aux nouvelles technologies, et pourtant, la pauvreté n’a jamais été aussi répandue. C’est parce que le système d’argent ne représente pas la réalité, mais est devenu une idole à laquelle l’être humain et l’environnement doivent être sacrifiés. Le système financier actuel est défectueux et est appelé à s’écrouler pour plusieurs raisons — entre autres les dettes astronomiques des pays.

Ceux qui sont responsables d’un tel système frauduleux ne s’arrêteront devant rien pour atteindre leur objectif ultime: une dictature mondiale, par un gouvernement mondial (voir page 20). Ils vont même aller jusqu’à remplacer les chefs de gouvernements par des banquiers sans même tenir d’élections, pour s’assurer que leurs directives soient bien appliquées par ces gouvernements (voir page 10). Ces financiers internationaux constituent un véritable pouvoir au-dessus des gouvernements (voir page 4).

Il existe définitivement une crise morale, lorsque l’homme ne respecte plus la vie humaine (en tuant par exemple les enfants à naître par l’avortement) ou la création de Dieu (par la destruction inutile de l’environnement au moyen d’une obsolescence calculée des produits). Benoît XVI le mentionnait dans son discours au Corps diplomatique: «Je suis convaincu que s’opposent à l’éducation des jeunes et par conséquent à l’avenir de l’humanité, les mesures législatives qui non seulement permettent, mais parfois même favorisent l’avortement, pour des motifs de convenance ou des raisons médicales discutables.»

Néanmoins, il y a de l’espoir pour un avenir meilleur, puisqu’une solution existe pour améliorer le système actuel, et garantir la sécurité économique à chaque individu. Ce système est bien connu des lecteurs réguliers de Vers Demain: ce sont les propositions financières de l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas, connues sous le nom de crédit social, ou de démocratie économique (voir page 14). Bonne lecture!

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